La Cité de la culture n’est pas un monument. C’est une machine, et c’est ce qui la rend intéressante.

Neuf hectares avenue Mohamed V, à un quart d’heure à pied de l’avenue Bourguiba, sur l’emplacement de l’ancienne Foire internationale. Inaugurée en mars 2018 après des années de chantier et environ soixante-quinze millions de dinars. C’est le plus grand équipement culturel du pays, et de loin.

Elle ne se visite pas comme un musée. Elle se consulte comme un programme.

Ce qu’il y a dedans

Onze institutions cohabitent dans le bâtiment. Pour un visiteur, cinq comptent.

Le musée, qui vaut le déplacement à lui seul

On l’appelle le MACAM. C’est la partie que la plupart des visiteurs ignorent, et c’est dommage.

La Tunisie a une histoire de peinture du XXe siècle qu’on ne raconte nulle part ailleurs : l’École de Tunis, les orientalistes, la génération d’après l’indépendance, puis l’art contemporain arabe. Ces œuvres dormaient dans des réserves depuis des décennies. Elles sont enfin accrochées.

Si vous venez de faire le Bardo et que vous avez l’impression d’avoir vu toute la Tunisie ancienne, allez ici : c’est l’autre bout du fil, le même pays deux mille ans plus tard.

Le bâtiment divise, et c’est normal

Il faut le dire franchement : la Cité ne fait pas l’unanimité. Une masse blanche et anguleuse, monumentale, posée sur une avenue déjà large. Certains y voient une réussite, d’autres un vaisseau échoué.

Mon avis, si vous le voulez : de l’extérieur, on peut discuter. À l’intérieur, les volumes fonctionnent et l’acoustique de l’opéra est bonne. Ce n’est pas un bâtiment qu’on aime sur photo. C’est un bâtiment qu’on comprend quand on y assiste à quelque chose.

Comment s’y prendre

La règle est simple et c’est la seule qui compte : regardez le programme avant de venir. Un jour sans spectacle ni exposition, vous verrez un grand hall vide et vous repartirez déçu. Un soir de concert, vous serez au milieu du Tunis qui sort.

Le programme change en permanence et la saison bat son plein d’octobre à juin. En juillet et en août, la vie culturelle se déplace vers les festivals en plein air — Carthage, Hammamet — et la Cité sert alors surtout de billetterie.

À pied depuis l’avenue Bourguiba, comptez un quart d’heure. En taxi depuis le centre, cinq dinars et dix minutes.

Et ensuite

La Cité est excentrée par rapport à la médina : ne l’enchaînez pas avec une matinée de souks, vous traverserez la ville pour rien. Elle se combine bien avec le Bardo, qui est du même côté, ou avec une soirée dans le centre moderne.