C’est la plus belle maison de Tunisie, et les trois quarts des visiteurs de Sidi Bou Saïd repartent sans l’avoir vue. Elle est un peu à l’écart, sur la falaise, et il faut vouloir y aller.
Ennejma Ezzahra — l’étoile de Vénus — est le palais que le baron Rodolphe d’Erlanger s’est fait bâtir entre 1912 et 1921.
Qui était d’Erlanger, et pourquoi ça compte
Un peintre et un musicologue français, fils de banquier, installé ici pour sa santé et resté par passion.
Il a fait deux choses qui marquent encore la Tunisie. La première : il a consacré sa vie à recueillir et à transcrire la musique arabe classique, dont il a publié une somme en six volumes qui fait toujours autorité. La seconde : c’est lui qui a obtenu que Sidi Bou Saïd soit blanc et bleu, et que rien ne s’y construise en dehors de ce code.
Autrement dit, le village que vous venez de traverser est en grande partie son œuvre. Cette maison en est le manifeste.
Ce qu’on visite
Le palais est aujourd’hui le Centre des musiques arabes et méditerranéennes. On visite les salons, les plafonds peints, les stucs, le patio, et surtout les jardins en terrasses qui descendent vers la mer.
Il abrite une collection d’instruments de musique du monde arabe : luths, cithares, percussions, dont des pièces rares. Et une salle de concert qui sert vraiment — des récitals de musique arabe classique y sont donnés régulièrement, souvent le week-end.
Si vous pouvez faire coïncider votre visite avec un concert, faites-le. Écouter un oud dans le salon d’un homme qui a passé sa vie à sauver cette musique, c’est autre chose qu’une visite de musée.
Pratique
À dix minutes à pied du haut du village, en descendant sur la gauche. Fléché, mais discrètement.
Droit d’entrée modique. Fermé le lundi comme la plupart des institutions culturelles du pays. Comptez une heure, deux si vous prenez le temps des jardins.
Le programme des concerts change ; renseignez-vous sur place ou par téléphone avant de faire le déplacement pour un soir précis.