Le Café des Nattes est en haut des marches de Sidi Bou Saïd, là où la rue principale s’arrête. On ne peut pas le rater : c’est le bâtiment bleu et blanc avec l’escalier extérieur et la terrasse qui domine tout le village.

Il tient son nom de ses nattes de jonc, posées à même les banquettes, sur lesquelles on s’assoit en laissant ses chaussures en bas.

Ce qu’on y a bu avant vous

C’est l’un des rares cafés au monde dont la liste des clients fasse partie du patrimoine.

Au printemps 1914, trois peintres passent par la Tunisie : Paul Klee, August Macke et Louis Moilliet. Ce voyage est resté dans l’histoire de l’art comme le moment où Klee a découvert la couleur — il écrira que la couleur l’a possédé. Ils se sont assis ici.

Après eux, des écrivains, des musiciens, des exilés, des gens de passage. Le café était déjà là au XIXe siècle et il n’a pas beaucoup changé de forme.

Ce qu’il faut savoir avant de commander

Soyons honnêtes, ça vaut mieux que la déception : c’est un café touristique et les prix ne sont pas ceux du quartier. Un thé à la menthe aux pignons vous coûtera plusieurs fois ce qu’il coûte trois rues plus bas.

Vous ne payez pas le thé. Vous payez la terrasse, la vue sur la rue en contrebas et le fait de vous asseoir là où d’autres se sont assis. C’est un tarif d’entrée déguisé, et à ce titre il est raisonnable.

Le thé à la menthe aux pignons de pin est la commande locale. Les pignons grillés au fond du verre se mangent à la fin, à la cuillère.

Quand y monter

En milieu de journée l’été, la terrasse est pleine et l’escalier est un embouteillage. En fin d’après-midi, ça se vide et la lumière devient belle.

Si vous cherchez plutôt la vue sur le golfe que la vue sur le village, ce n’est pas ici : redescendez de cinquante mètres et prenez le café Sidi Chabaane, en paliers au-dessus de la mer. Les deux ne se ressemblent pas et beaucoup de visiteurs les confondent.